Présentation

Romancière et nouvelliste suisse vivant en Haute-Savoie, je suis passionnée de mystère et de jeux de rôle depuis ma plus tendre enfance, c’est tout naturellement que je me suis tournée vers le genre de la fantasy et du fantastique. De tendance « geek », je puise mon inspiration tout autour de moi, que ce soit dans les séries télévisées, dans les journaux, les magazines et dans mon quotidien.

Je m’installe ici pour vous parler de mon parcours éditorial, des livres et des auteurs que j’apprécie, mais aussi d’artistes qui touchent au monde de l’écriture et du papier.

J’espère que vous aurez plaisir à me suivre et que nous ferons un long chemin ensemble.

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Anthologie

  • « Je, tu, ils, NOUS» éditions Anyway, 2016 (bénéfices reversés à l’association Handicap International)
  • « Hiver» éditions Secrètes, 2016
  • « Les héros ne meurent jamais», collectif d’auteurs Ziô Books, 2017
  • « Les yeux du tueur » éditions Livre-Book, 2017.
  • « Nutty Bite » éditions Nutty Sheep (à paraître 2018)

Romans

  • « Le clan Tarran / T.1 La romancière» (trilogie) –  éditions Lune-Ecarlate 2016
  • « Le clan Tarran / T.2 L’aînée» éditions Lune-Ecarlate, 2017
  • « Le clan Tarran / T3 » (à paraître 2018).

Retour en images au Swiss Fantasy Show

Sautons dans la Delorean de Emmett Brown pour revenir une semaine en arrière, le 26 et 27 mai 2018 :

Delorean

Et jetons un œil pour nous rappeler où Deborah Perez et moi avions posé nos pieds :

table de dedicace

Le samedi, le cosplay était à l’honneur, mais j’ai noté avec surprise que les gens ne se gênaient pas pour venir également costumé le dimanche.  Sortie de Zombies, de robots, de différents héros de jeux vidéo et mangas :

 

Les univers différents se rencontrent sans problème, ça papote couture, ça impressionne les enfants, ça se prend au jeu de son personnage et les costumes s’embellissent avec quelques achats auprès des boutiques :

 

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Ces artisans  donnaient sérieusement envie de changer de peau !

jeter un oeil

Mais jetons un œil sur d’autres artistes qui proposaient  leurs créations en cuir, Lego, écailles, ou modèles réduits :

 

Une très belle découverte dans ce rassemblement : Hypogée !
Il s’agit d’un projet artistique liant musique, littérature, illustrations et photographie. Je vous conseille vivement de faire un saut sur leur site pour découvrir ces magnifiques réalisations.

Hypogée

Un des invités du show, le reconnaissez-vous ?

Sean Astin

Sean Austin, alias Mikey Walsh dans « Les Goonies »,  Samwise Gamgee dans « Le Seigneur des Anneaux » Bob Newby dans  « Stranger Things » (saison 2).

Impossible de repartir sans quelques souvenirs :
(oui, Jana s’impose toujours sur mes photos… aussi curieuse que moi !)

mes achats

Deux achats pour de futurs salons : un dragon de  Bec de corbin et un pendentif de L’écaille d’argent. J’ai aussi craqué pour une histoire de changeling avec le roman de Aquilegia Nox.

Un super wee-kend où j’ai eu plaisir à rencontrer d’autres auteurs suisses Tiffany SchneuwlyMarilyn Stlln et Fabrice Pittet et échanger d’agréables discussions avec le public.
Merci aux nouveaux lecteurs qui tentent l’aventure avec le clan Tarran ! 💜 Je me réjouis d’avoir vos retours.

L’année prochaine, on fait un tour aux Imaginales ?
Allez, on tente !

Deborah Perez et KSangil

 

 

Un mois, une série / N° 2 : Sleepy Hollow

sleepy Hollow

Aujourd’hui, je vous parle d’une ancienne histoire, celle écrite en 1820 par Washington Irving dans le recueil The Sketch Book of Geoffrey Crayon, Gent. (Ne partez pas, la théorie ne dure qu’un paragraphe !). À la base, cette nouvelle narre la vie d’Ichabot Crane, attiré au « val dormant » par les récits de fantômes, sorcières et revenants qui y abondent. Quelqu’un aurait jeté un sort sur cette contrée, provoquant chez ses habitants des hallucinations. Crane souhaite se marier avec Katrina Van Tassel, mais il a un rival : Brom Van Brunt. Le jeune Ichabot trouvera sur son chemin le Cavalier sans tête (supposé être le fantôme d’un mercenaire, décapité durant la guerre d’indépendance des États-Unis). Poursuivi jusqu’à une église, le Cavalier se servira de sa tête comme projectile pour l’assommer. Le lendemain, nulle trace d’Ichabot Crane, juste son cheval et une citrouille.

De cette histoire, moult adaptations ont vu le jour. (Pourquoi privilégier de nouveaux héros, quand il en existe déjà, hum ? Même si c’est toujours intéressant de découvrir une nouvelle version, je regrette cette facilité à surfer sur la vague d’anciens succès, alors qu’il y a tellement de personnages dans les romans qui ne sont pas exploités et qui mériteraient une mise en avant, mais ceci est un autre sujet). Donc : en 1949, sort un film d’animation par les studios Disney, en 1999 un film de Tim Burton et un autre de Pierre Gang, en 2008, Scooby Doo fait une incursion dans ce mystère et en 2012 on en parle dans « Inspecteur Barnaby ». Niveau musique, Glenn Close propose une version lue de l’histoire et Damien Saez une chanson. Les jeux vidéo obtiennent la palme des rappels à ce sujet : « The Wolf Among Us », « The Elder Scrolls V: Skyrim », « Assassin’s Creed III », « World of Warcraft », « Assassin’s Creed: Rogue », « The Binding of Isaac: Rebirth », « Ghost Master », « League of Legends ».

Et enfin, nous en arrivons à la série américaine de 2013 qui mêle allégrement histoire de base et sorcellerie pour créer un thriller paranormal contemporain.

personnages sleepy hollow

L’histoire débute sur un champ de bataille au XVIIIe siècle. Crane combat un homme masqué dont la hache lui entaille le ventre. L’épée de Crane lui sectionne la tête. Et voilà que nos deux ennemis perdent leur sang côte à côte. La seconde suivante, Ichabot Crane surgit des entrailles de la Terre de Sleepy Hollow, en 2013. D’abord perturbé par ce monde moderne (la scène où il frôle de près un camion, après avoir découvert la chaussée goudronnée symbolise parfaitement le fossé qui sépare ses habitudes de vie et les nôtres), il se familiarise rapidement avec notre technologie :

Crane

Le hic, c’est que le cavalier sans tête revient également dans la région et décide de tester sa hache sur le Shérif de la ville. Verdict : elle coupe toujours aussi bien ! Crâne est arrêté par les autorités et prend note d’un point commun avec la lieutenant Abbie Mills : tous deux ont fait la connaissance avec le cavalier. Durant l’interrogatoire, le ton et la manière de parler de Crane sont succulents et nous transportent sans problème dans ses habitudes du passé (par exemple face au détecteur de mensonges quand il apprend que la machine les identifie : « La machine sait si je fabule ? »). Son éducation, son langage suranné et ses étonnements confèrent également beaucoup de charme au personnage.

Comment se passe la rencontre d’un espion du Général Washington et d’une femme de couleur flic quand se rendre compte qu’un homme qu’on pensait avoir quitté hier se trouve depuis des décennies en symbole sur un billet d’un dollar, et que l’esclavagisme est aboli depuis 150 ans ?

1 dollard

Eh bien, il gère ! (Il a émergé d’un trou et a fait un bon de 250 ans dans le futur, il n’est plus à une femme en pantalon près). Crane découvre tout de même, avec émerveillement, les fenêtres électriques des voitures et la lampe de poche. Pour vous aider à visualiser la scène, imaginez une curiosité de gosse qui teste quinze fois l’objet jusqu’à ce qu’on lui dise stop. Des petites touches d’humour jamais surjouées et très agréables.

De retour à l’endroit de sa « résurrection », Crane trouve une bible dont un passage est mis en évidence :

« Je regardai quand apparut un cheval blanc, celui qui le montait tenait un arc. Son nom était La Mort. J’ai entendu l’un des quatre vivants dire avec une voix comme celle du tonnerre : « Viens à moi ».

Les scénaristes ont joyeusement détourné une partie du verset de l’Apocalypse (l’ouverture des sept sceaux) pour le mettre à la sauce Sleepy Hollow et ça marche. Les prémices du surnaturel captivent. Oui, il y a encore des légendes bien connues qui surprennent !

À partir de cet instant, la mort frappe à nouveau et le lieutenant Abbie Mills s’allie avec Crane pour résoudre ce mystère et démêler d’autres méfaits liés au cavalier. Mine de rien, tout semble converger vers Abby et sa sœur, témoins d’une présence machiavélique durant leur jeunesse (ce qui a profondément perturbé la plus jeune, alors que l’aînée a préféré occulter ce souvenir de sa vie, creusant un fossé familial qui aura une grande place dans l’histoire).

Au fil des épisodes, on tisse aussi régulièrement des liens avec le passé de Washington. Ces références historiques sont un gros plus, elles donnent l’occasion de résoudre des casse-tête et de se remémorer le passé. Un Marshall plus secret qu’il n’y paraissait, une sœur enfermée en asile psychiatrique, un supérieur qui ne demande qu’à comprendre l’inexplicable, des archives qui regorgent d’informations pour qui sait les chercher, ça part dans mille directions, pas moyen de s’ennuyer !

Crane est incontestablement le pilier de cette série. Son apprentissage du monde moderne n’est pas surfait, il arrive aisément à émouvoir et le duo qu’il forme avec Abby apporte la touche de charisme et d’humour qu’il faut. Les scènes sont crédibles et le regard neuf de Crane sur notre quotidien est accrocheur.

Les phénomènes surnaturels ont également une grande place. Les scénaristes ont compris que naviguer sur la seule idée de Crane contre le cavalier sans tête était peu viable sur le long terme. Il faut juste espérer qu’ils n’en fassent pas trop.

Cet univers où l’anodin ne l’est pas autant que prévu et où la destinée tisse sa toile depuis des années avant de s’en rendre compte est fascinant (on dirait une de mes histoires, tiens). Je n’ai pas encore terminé les quatre saisons, mais la plongée au sein des légendes médiévales est prenante et je savoure ces 62 épisodes à petite dose pour me la garder le plus longtemps possible.

En résumé, si vous appréciez l’ambiance apocalyptique, attisée par de nombreux rebondissements, cette série est pour vous, foncez ! Et ne craignez pas de tomber de haut en vous faisant berner par quelques personnages…

cavalier

En guise d’avant-goût et pour vous donner envie de parcourir un peu plus ce monde, je vous propose le trailer (oui, toujours en anglais parce que c’est tellement mieux !) :

Ma journée au festival du roman féminin (partie 5 Meet & Greet et séance dédicaces des auteurs)

Le festival approchant, j’ai commencé la création de marques-porte maisons et calligraphié quelques phrases tirées du tome 1 du clan Tarran en vue d’un concours où les participants devaient chauffer la feuille pour révéler une question à l’encre sympathique (j’ai tellement dû mettre d’encre pour voir moi-même ce que j’écrivais, qu’il était possible de lire à l’œil nu la phrase même blanche sur blanc !). Le tout agrémenté de bonbon « rouge à lèvres » et des marque-pages des tomes 1 et 2.

cadeau

Initialement, je devais partir avec le premier train du vendredi et participer aux deux journées, mais ça, c’était avant la grève des cheminots. J’ai quitté Genève le soir avec une valeur sûre : Altered carbone. J’ai adoré cette série (si vous voulez en savoir plus, mon avis se trouve ici). Bon, c’est assez particulier de lire une histoire connue, mon esprit s’arrêtait sur toutes les différences, du coup j’ai lu plus lentement que d’ordinaire. Arrivée tardivement à Paris, j’ai rejoint l’hôtel situé à quelques mètres du festival (et ça, c’est cool !).

altered carbon

La nuit a été courte : de un parce que j’étais trop excitée de rencontrer des lectrices et de deux parce que je cogitais sur ce que j’allais bien pouvoir écrire comme dédicaces (le stress et moi, on est des amis proches). Cette année, l’organisation était au top et j’ai l’impression que beaucoup plus de livres étaient offerts durant les séances de Meet & Greet et les ateliers qu’en 2017. Quelqu’un m’a même confié avoir récupéré une trentaine de livres, c’est dire ! Un chouette moyen de gonfler vos PAL et découvrir de nouveaux auteurs (oui, cette année il n’y avait pas que des femmes!)

À la pause de midi, retour à l’hôtel pour prendre Le clan Tarran, les goodies et stresser un peu avant de repartir pour le dernier atelier et mon Meet & Greet. À l’occasion de cette heure d’échanges, il est prévu que je rencontre pour la première fois une membre d’un groupe que je suis sur Facebook [Isa de BBCF]. À 15h, les auteures occupent encore les tables, il faut patienter. J’en profite pour saluer physiquement Isa qui commence une méga pub de mes romans autour d’elle. J’ai donc rapidement vu du monde s’agglutiner, alors que rien n’était près. Le point positif, c’est qu’il n’y a plus lieu de stresser.

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Sortie des bouquins, marques-porte, marque-pages, concours et c’est parti pour quarante minutes de discussions non-stop. (j’en ai oublié les bonbons et suis revenue avec tous les paquets !). Parmi les dédicaces, une personne a apporté son livre pour obtenir ma griffe et une autre m’a offert mon premier cadeau (Merci, Nathalie !).

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Et j’ai discuté avec deux charmantes auteures à mes côtés : Ania Lie et Flore Avelin.

                                          Burning Love - Saison 1 par [Lie, Ania]  Maryse - Tome 1 par [Avelin, Flore]

Note à moi-même pour la prochaine fois

1 : ne discute pas en même temps que tu écris, ça t’évitera de te tromper de verbe et de glisser deux fautes d’orthographe [arg !].

2 : si tu refais un concours du même genre, n’oublie pas d’inscrire ton nom au dos et pas juste une patte de chat, car le papier se perdra certainement parmi les nombreux goodies. (Ci-dessous le set de base, mais après une journée vous triplez aisément le tout)

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On a tout remballé avant la fin pour laisser les tables à disposition des dédicaces de fin de journée et livres offerts. Sur trois étages, dès les portes ouvertes, ça s’agglutine et de longues files d’attente sont déjà visibles. Certains prennent beaucoup de temps à discuter avec les lectrices, voire avec des auteures venues les saluer, salutations qui durent de loooongues minutes… Dans la file, on se regarde, on désespère de pouvoir obtenir le Graal, on ne peut que s’armer de patience et constater la diminution des piles sur les tables voisines. Du coup, je me suis procuré trois livres parmi mes préférences, les autres me sont passés sous le nez. Le hasard m’a permis de découvrir d’autres romans.

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Une fois le festival terminé, j’avais rendez-vous avec Isa et une vingtaine de membres du groupe FB. J’allais passer ma soirée qu’avec des d’inconnues et probablement les deux seuls mecs ayant acheté un pass pour accompagner leur femme (si ce n’est pas de l’amour ça ! Toute la journée entourés de nanas à entendre parler romance sous toutes ses formes, chapeau messieurs !).

Bilan festival : cette rencontre est unique en son genre, de par la facilité à discuter avec les auteurs et éditeurs et les nombreux cadeaux. Un rendez-vous désormais incontournable !

Bilan avec les inconnus : j’ai passé ma soirée à faire souffrir mes zygomatiques tellement j’ai ri ! Des personnalités très touchantes, des amoureuses des livres qui m’ont raconté de nombreuses histoires, partagé des parcelles de leur vie. J’ai été touchée par cette facilité à se confier (désormais, je sais qui supporte mal l’alcool et se promène nue, qui a dansé sur les tables à la soirée de Cannes, etc.) S’il me fallait encore une preuve qu’une amitié virtuelle pouvait devenir aussi forte que celle d’une famille, j’en avais une devant moi. Un repas empli de rires et de larmes, les émotions à fleur de peau.

Que dire, si ce n’est que je rêverai de pouvoir retranscrire ces personnalités dans mes roman (celle d’Isa ferait aisément concurrence aux plus grandes comiques), mais je ne suis pas certaine que le lecteur trouverait ça crédible. La vie est parfois plus forte que la fiction et que  c’est agréable !

Merci à toutes les personnes croisées ce jour ainsi qu’aux organisatrices de ce festival. Du plaisir pur, encore une fois. 💜
NB : vous avez jusqu’au 21 mai pour répondre au concours sur ma page.

Page Facebook du Festival du roman féminin

Ania Lie

Flore Avelin

 

Ma journée au roman féminin (Partie 4 : des héros différents)

Les héros sont-ils différents en romance historique et contemporaine ?
Avec Sabrina Jeffries, Ava Kröl et Terri Osburn

          Faits l'un pour l'autre (Anchor Island t. 1) par [Osburn, Terri]

Je vous résume les avis de ces trois auteures :

Dans la romance historique, il est difficile de trouver un héros sans titre, sans argent ni pouvoir. L’un ne va pas sans l’autre. Un héros extérieurement dur, plus sensuel, qui cherche à séduire et prend son temps pour le faire. Le héros peine à accepter une femme dénigrée, rabaissée, qui ne soit pas au niveau de l’homme. Il y a également le poids culturel. La femme ne peut pas briser tous les tabous de l’époque, celles qui trouvent leur place malgré le contexte historique sont des héroïnes. Les héroïnes sont assez intelligentes pour imposer certaines choses et le héros se met à son niveau sans dénigrement : il y a une certaine forme d’égalité.

 Dans la romance contemporaine, le héros peut être tout autant mécanicien qu’avocat. Le héros a du pouvoir, puissant, ténébreux et plaisant à regarder, c’est un mâle alpha qui a tendance à prendre et se barrer. Les romans contemporains demandent moins de recherche et les lectrices ne s’attendent pas à trouver des détails précis.

Les hommes et la romance : seulement 7% des hommes lisent de la romance. Ils se retrouvent plutôt dans des histoires trash, érotiques, avec des scènes de sexe bien décrites, crues, des scènes de bataille et de vengeance.
Pour les rares hommes qui lisent leurs romances historiques, ils aiment lire sur cette période et expriment les mêmes ressentis que les femmes. Certains leur écrivent pour débattre d’une précision historique (ex. une arme trop moderne pour l’époque). D’autres aiment se plonger dans une romance par besoin de lire un moment joyeux pour compenser la difficulté du quotidien (prenant l’exemple d’un avocat qui lit un Harlequin entre deux plaidoyers).

(Je trouverai très intéressant de savoir ce qu’il faudrait pour que les hommes lisent de la romance. Si ça vous tente d’y répondre, n’hésitez pas à m’envoyer un mot 😉 )

Bien sûr, lier les deux est envisageable, la série Outlander en est une belle preuve. Oui, le mélange des genres plaît.

Sabrina Jeffries

Ava Kröl

Terri Osburn

Ma journée au festival du roman féminin (partie 3 : city éditions)

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City Editions, les femmes qui inspirent l’écriture
Avec Coralie Khong-Pascaud, F.V. Estyer, Sophie Noël et Alice Quinn

Depuis 2005, City Editions est spécialisé dans les biographies de personnes célèbres, puis s’est ouvert aux témoignages et maintenant à la jeunesse. Il y a beaucoup d’auteures féminines, de la romance historique, feel-good. Depuis 2015 Eden (romance contemporaine) publie des auteures américaines et francophones. Ils mettent en avant des portraits originaux de femmes :

  • Des héroïnes du quotidien qui nous parle et en qui on peut se reconnaît dans leur difficulté, voire y trouver des solutions (ex. Demain je me lève bonheur).
  • Une problématique dans laquelle on peut se reconnaître (une déception amoureuse agrandie par la fiction, des personnages qui peuvent servir d’effet miroir).
  • Des héroïnes battantes, hors du commun qui nous servent de moteur plutôt que de miroir, entre les femmes que nous sommes et celles que nous aimerions être.
  • Des biographies romancées (ex. une jeune fille qui a grandi dans la mafia), parler de ses rêves, de ses ambitions.

Les personnages qui ont inspiré les auteures invitées

Couv Loin de Berkley Hall

Coralie Khong-Pascaud : désirait créer un personnage qui se réaliserait en dehors de la romance (mariage, famille). Pour cela, elle s’est inspirée de femmes atypiques dans l’histoire, des avant-gardistes, des artistes (suffragette, le mouvement fait partie du récit), de politique, de féministes (lutte des classes), une quête de sens, une certaine prise de pouvoir. Dans son livre, c’est l’association de deux femmes différentes qui l’a intéressée. Elle évoque la réalisation de soi au travers de nos propres idéaux, sortir du carcan imposé est ce qui fait leur force.

Couv Rebel love

F.V. Estyer : fan d’urban fantasy, a vu sa jeunesse bercée par Buffy et les vampires. « J’y voyais une héroïne forte où ce n’est plus les mecs qui avaient le pouvoir ». C’est ce qui lui a donné envie de se lancer dans la bit-lit.

Le monde créé autour de la série Buffy l’a inspirée pour un roman MM, même caractère que dans Buffy, une personne génétiquement modifiée, plus forte, plus rapide.

Dans le cas où elle refait d’autres MF, elle aimerait s’inspirer de Véronica Mars (série TV), une femme forte qui se débrouille seule, sans mec pour arriver à ses fins, qui s’en sort par elle-même et apprend en fonction des soucis rencontrés.

                                        Couv Pulpeuse fiction Couv Demain, je me lève de bonheur (CITY/NOV)

Sophie Noël est plutôt une auteure jeunesse. Son premier livre pour adulte est une histoire autour du poids qui complexe. Étant plus âgée, elle n’a pas les mêmes références que Buffy. Dans son roman, les deux héroïnes ont des âges différents, c’est un peu de Sophie il y a quelques années et une part de la Sophie de maintenant.

Les inspiratrices dans sa vie : adolescente, elle était influencée par Simone de Beauvoir (pas idéal pour la chick-lit). Mais aussi Angélique Marquise des anges (elle assume la contradiction). Pour les cellules grises, Agatha Christie. Maryline Monroe pour la sensualité. La chanteuse Nina Simone pour le sens de la justice, le respect des différences. Rosa Parks pour la personne noire (lutte contre la ségrégation raciale), Meryl Streep pour le calme et l’entêtement, passionnée. Mary Poppins pour le côté magique, empathique, généreuse et bienveillante envers les enfants. Fantômette pour le garçon manqué, la fonceuse. Claude du club des cinq pour son côté fort. Pour le personnage féminin Jacqueline Maillant, Florence Foresti. Mais ce qui l’inspire le plus, c’est l’amitié entre copines, les soirées PVP sont fondamentales (comprenez pizza -vidéo-pinard : oui, il y a du bourgogne dans toutes ses histoires) sans jugement extérieur. Ses meilleures amies l’ont inspirée dont sa sœur, sa mère est un aussi modèle, tout comme sa vie de mère avec deux filles adoptées à Haïti.

« Toutes ces personnes m’ont influencée. On écrit ce qu’on est ».

Avertissement : attention, Sophie Noël se promène partout avec deux carnets, la foule est son inspiration, elle les croque et prend des notes. Vous voilà avertis, il est fort possible que vous vous retrouviez un jour dans un de ses romans 😉

[Note : dans le train du retour, j’ai lu son livre, la chronique arrive bientôt.]

Couv Rosie se fait la belle  Couv Lettre froissée

Alice Quinn : quand elle était déprimée, elle avait envie de rire, de lire des comédies, d’avoir un rendez-vous quotidien obligé avec le rire. Elle s’est donné le défi de rire de ce qu’elle écrivait.

Son héroïne, Rosie Maldonne, ne vient pas d’un univers bien éduqué, avec de grands salaires. Dans son milieu, les mamans mono parentales élèvent seules leurs enfants et se battent pour gagner des ronds. Généreuse, Rosie prend les gosses des autres. Un peu inculte, elle met les pieds dans le plat. Ce mélange de chick-lit et de polar est le moyen d’utiliser un événement dans le social et confronter son héroïne à ça, mais avec sa bonne humeur. La difficulté est de trouver un bon équilibre.

Dans un autre registre, l’auteure habite à Cannes. Elle aime montrer cette ville où il y a de la richesse et des pauvres pour la servir. Une ville champignon, avec l’arrivée des têtes couronnées, des émigrés, toutes les classes sociales y sont représentées. Elle avait envie de parler de sa ville et s’est demandé quelle femme prendre. Le choix s’est porté sur la courtisagence, la prostitution (+ de 50 % des femmes se prostituaient au 19e pour finir les fins de mois, les femmes de la bourgeoisie, voire de la haute bourgeoisie qui ne pouvaient plus gérer leur dote et n’avaient plus accès à rien, mais qui devaient recevoir et porter de belles toilettes avaient besoin de se prostituer. Elles commençaient dans des maisons de rendez-vous, et pas dans un bordel. Là, les hommes bien sous tous rapports pouvaient choisir une femme sur catalogue. Eux cherchaient un semblant de relation, elle l’argent.

Son héroïne est donc une courtisane dans un milieu très pauvre, vingt ans, de l’ambition démesurée, qui décide de vendre son corps sans se marier. Pour cela, elle passe une petite annonce, du style «  inculte cherche à apprendre bonnes manières » afin de construire un vernis de culture. Une femme de la noblesse anglaise va y répondre.

« Nos héroïnes, c’est un patchwork de ce que l’on a vécu ».

Voici donc un aperçu des personnes qui inspirent les auteures. Vous remarquerez que  c’est varié et cela fait réfléchir. Pensiez-vous que derrière une auteure se cachaient tant de personnes inspiratrices ? Je me demande du coup ce qui influence mes propres histoires…

City Editions

Coralie Khong-Pascaud
F.V Estyer
Sophie Noël
Alice Quinn

 

Ma journée au festival du roman féminin (partie 2 BMR Dark vs light)

Dark vs light, quelle sont les prochaines tendances chez BMR
 avec Pauline Libersart, Pascale Stephens et Isabel Vitorino (éditrice)

Chez BMR, aucun de leurs titres n’est estampillé « Dark romance », mais il arrive parfois qu’un avertissement soit noté sur la 4e de couv (ex. certaines scènes peuvent surprendre les lectrices non averties). Pour Isabel Victorina, la Dark romance, c’est un scénario et des émotions qui restent longtemps en tête.

Définition du public : il faut plusieurs faits de violence, pas juste un. Le personnage doit montrer de la méchanceté pure et simple, et ne pas agir de cette manière pour sauver sa famille. Il faut le détester dès le début. Aucune excuse. Une ambiance psychologique très forte. Le personnage masculin doit porter l’histoire. Il doit y avoir derrière des faits construits. Que l’histoire reste en tête et que ça fasse réfléchir.

Nick and Sara - 1 - Enfer

Définition de Pauline Libersart : le héros est cinglé, il utilise les autres et le fait par pur plaisir. Dans son roman, le héro est un peu dark, mais il est obligé. Pourquoi n’écrit-elle pas de la dark ? Parce qu’elle couche avec ses héros et a besoin que la situation soit saine!

« La vie est assez chiante pour en plus la vivre dans l’écriture ».

Elle écrit parfois quatre histoires en même temps, si elle vivait à fond avec des héros comme ça, elle serait schizophrène.
[Petit aparté : Pauline a arrêté de chroniquer les livres des autres, par manque de temps, mais aussi parce que ses avis ne plaisaient pas toujours, du coup cela se ressentait sur les retours de ses propres livres.]

Pascal Stephens aime la dark, mais elle n’en écrit pas, car elle n’a rien de dark en elle.

La liberté de créations des auteurs est mise en avant durant l’échange. Prenant son exemple, l’éditrice nous explique avoir refusé une de ses histoires. Mais dire non, n’interdit pas d’accepter par la suite, une fois retravaillée ou après un temps de réflexion. Il n’y a jamais de porte fermée. A noter que Pascale travaille sans bêta-lecteurs ni avis extérieur, sans point de repère, si ce n’est l’éditrice Isabel.

Not easy - 4 - Take me

Le public confirme que les lectrices de Dark et MM sont plus exigeantes, on ne se lance pas dans la dark pour faire de la dark. Il faut aimer. Il y a des codes précis et il ne faut pas utiliser ce terme dans le titre si cela n’en est pas, car le lecteur peut se sentir trompé et ensuite c’est l’auteur qui reçoit un commentaire négatif (amis auteurs, méfiez-vous lors du choix du titre!).

Le catalogue BMR propose de tout, avec un avertissement si violence, mais ils n’étiquettent pas. Le public apprécie cette mise en garde pour éviter que les adolescents pensent qu’il s’agit de normalité, il faut une mise en garde, donner le ton du livre sans tout dévoiler.

Le succès de Twilight a fait beaucoup pour la lecture, c’est grâce à cela que le post d’Isabel a été créé (surprenant et en même temps, ça fait plaisir !) . Il y a autant de lectrices que de goûts différents. Les lecteurs ont besoin de tout lire pour se renouveler sans cesse, cinquante titres sortent par an et tous sont défendus avec autant de plaisir. Ils n’ont pas d’échelles de valeurs entre les auteurs américains et francophones, mais les droits sont différents (certains agents et auteurs sont gourmands), ce qui explique pourquoi certaines traductions ne se font pas.
Le catalogue de l’éditeur est un laboratoire d’expériences. Le lectorat BMR ne semble pas intéressé par l’historique, dire oui même si l’histoire est bien n’est pas rendre service à l’auteure (vous voilà avertis).

Le prix a fait débat également dans le public qui trouve l’ebook assez cher. BMR est conscient du problème et fait régulièrement des promotions commerciales, mais ils se sont rendus compte qu’un mois à 4,90 au lieu de 9,90 n’aide pas à gagner en visibilité.

Dans le public, il est relevé une hésitation à payer 10€ sur un inconnu. Là où c’est intéressant, c’est qu’Isabel de BMR reprend ses mots et dit : je vais voir mon auteur et je lui dis quoi ? Je ne sais pas combien tu vaux, je te brade à 4,90 ?  (OK, ça fait réfléchir la lectrice qui est en moi).
Ils ne souhaitent pas créer d’échelle de valeurs. Tous les livres sortent au même prix et ensuite il y a des promotions, mais cette problématique est en cours de réflexion. Cependant, ils tiennent à un prix de vente élevé, car les auteurs et les éditeurs doivent s’en sortir. Pour certains auteurs, il y a trois correcteurs différents sur un livre pour proposer un roman sans cookies et des couvertures qui sont refaites plusieurs fois,  A ce prix, il y a un service rendu aux auteurs plus important et une autre qualité que dans le livre à 5 €. Derrière ce prix de vente, il y a du travail (ça fait réfléchir, non ?).

Appel à texte :  chez BMR, il n’y a pas encore eu de coup de cœur pour de la romance + fantastique. Si vous avez de l’urban fantasy dans vos tiroirs, envoyez votre histoire !

Ce fut un moment très plaisant et beaucoup d’échanges avec le public (mention spéciale à  Pauline Libersart pour sa joie de vivre). Petit scoop pour BMR : la FF est en réflexion.

BMR

Pauline Libersart

Pascale Stephens

 

Ma journée au festival du roman féminin (partie 1 Albin Michel / Publishroom)

festival du roman féminin

Cette année, je prévoyais de participer aux deux journées du Festival du roman féminin de Paris, mais la grève des trains m’a empêchée de prendre part au vendredi. Je vais donc vous proposer un compte rendu détaillé des ateliers du samedi. Je note ici les parties, ainsi vous pourrez lire uniquement celles qui vous intéressent :

Partie 1 : Albin Michel et MA next romance (le féminisme) / Publishroom (penser sa promotion auteur).
Partie 2 : BMR (Dark vs light : quelle sont les prochaines tendances chez BMR).
Partie 3 : City Editions (les femmes qui inspirent l’écriture).
Partie 4 : Les héros sont-ils si différents en romance historique et contemporaine ?
Partie 5 : Meet & Greet et séance dédicaces des auteurs.

  1. Albin Michel et MA next romance avec Cindy Lamouroux et GA O’Neill

Leur ligne éditoriale est le féminisme positif. Un an et demi d’existence, quatre sorties en 2017 et dix prévues cette année. Elles sont deux à travailler, l’éditrice et Cindy Lamouroux.

« On en peut plus des histoires qui finissent bien,
on est des adultes, on ne vit plus dans un conte de fées ».

Toutes les fins ne finissent donc plus forcément bien dans leurs romans. Le féminisme n’est pas une obligation, juste quelqu’un qui a du caractère et qui ne dit pas oui à tout suffit. Proposer un personnage timide qui s’affirme au fil du livre les intéresse, même dans l’autre sens, une femme qui s’adoucit. Il faut montrer que les temps changent, la femme sort, va en soirée, profite de sa vie, est indépendante avant tout. Même mères, elles restent femmes.

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GA O’Neill nous parle de son expérience. Elle a répondu à un appel à texte sur l’érotisme. Elle proposait une femme forte  qui n’a pas froid aux yeux, sans savoir qu’il y avait des codes à respecter pour ce genre.

MA Next Romance 

GA O’Neill

Publishroom avec Sabrina Grimaldi et Sandrine Rodrigues

« Sauvez un écrivain, dévorez un bouquin »

Ils accompagnent les auteurs indépendants et s’assurent, avant la publication, que l’auteur a :

  • Réseaux sociaux
  • Site, blog
  • Groupe de lecture sur FB
  • Plateforme d’écriture

Il faut une présence en ligne cohérente et active. Compter sur le bouche-à-oreille, ça se prépare  : bêta-lecteurs, chroniques, blogueurs, des lecteurs ambassadeurs, des libraires.

Pour vendre, il faut : des communiqués de presse, être sur les réseaux sociaux,  bannière et visuels, proposer des marque-pages et goodies.

Dès la sortie du livre, les bons réflexes à avoir : planning sur 3 à 6 mois, définir des temps forts en fonction de thématiques (promo découverte, journée gratuite, événements).

Envoyer des communiqués de presse (journalistes locaux, webzine, journalistes spécialisés) et des livres aux blogueurs/booktubeurs/instgrammeuses. Pensez à la plateforme Simplement Pro.

Etre disponible, toujours répondre aux coms et aux chroniques, même négatives. Créer du lien avec les lecteurs et les autres acteurs du milieu de l’édition, auteurs, libraires, chroniqueurs.

Une personne du public conseille également de s’investir sur des groupes de lecture sur Facebook qui rassemblent parfois 10’000 personnes.

L’expérience de Sandrine Rodrigues : Elle a créé son réseau sur Wattpad, puis un groupe fermé sur Facebook juste pour ses lectrices. Pour son premier roman, elle a reçu beaucoup de réponses positives  à compte d’auteur où on lui proposait de débourser entre 500€ et 4’000€ ! À cette époque, elle n’y connaissait rien (je confirme, évitez !). Avec Publishroom, elle  a sorti son roman en auto-édition, imprimé 200 exemplaires (100 pour elle et 100 pour la vente). À noter que les meilleures ventes restent en numérique.

Image associée

Dans le public, quelqu’un relève qu’un site est souvent ce qui manque à l’auteure, car la lectrice, quand elle apprécie quelqu’un, cherche à en savoir plus sur son blog/site. Ne pas hésiter à mettre son premier chapitre en libre accès, l’alimenter régulièrement.

Publishroom

Sandrine Rodrigues

[Partie 2 à suivre]

Interview Amarante éditions (Label Lune-Ecarlate)

Nées en septembre 2017, les éditions Amarante sont un label de la maison d’édition Lune-Ecarlate, spécialisé dans les ebooks de romance, chick-lit et littérature contemporaine.
Je vous propose de faire plus ample connaissance avec Anne, sa directrice éditoriale.

Amarante_ico

Bonjour Anne, merci de prendre un peu de temps pour nourrir notre curiosité. Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours ?
Bonjour et merci à toi de consacrer une interview à Amarante Éditions.

Maman de deux grands fils (19 et 15 ans), correctrice, auteur refondeur et passionnée de littérature (tous genres confondus), je fais le bonheur des libraires et le désespoir de mon mari qui se voit obligé d’agrandir régulièrement notre bibliothèque et de partager son espace vital avec de plus en plus de livres (rires).

J’ai entamé mon parcours en littérature dès ma plus tendre enfance, avec la plus belle des initiatrices, ma maman, et les contes dont elle m’abreuvait plusieurs fois par jour sous ma demande insistante.

Dès que j’ai pu lire seule (vers l’âge de cinq ans), j’ai dévoré tout ce qui m’est tombé sous la main, et c’est tout naturellement que je me suis dirigée vers une licence en philologie romane (je pense que vous appelez cela maîtrise en lettres modernes en France).

J’ai eu la très grande opportunité, au sortir de mes études, de travailler pendant quatre ans à la constitution d’un corpus d’auteurs belges à l’Université de Liège. Ensuite, j’ai peaufiné mon expérience de correctrice et d’auteur refondeur pendant quatre autres années dans une maison d’édition, aujourd’hui reprise par Jouvence.

J’ai ensuite roulé ma bosse à l’administration fiscale (si si !!!) où j’ai découvert un monde à l’opposé de celui dans lequel j’évoluais jusque-là, mais bien utile pour maîtriser quelque peu les instruments de gestion et apprendre les lois. Les rapports que j’établis presque quotidiennement ressemblent à des polars selon mes supérieurs directs (rires)…

Plus sérieusement, ce n’est qu’en 2015 que j’ai replongé au cœur de ma vocation première (la correction et refonte de textes), à la faveur d’une déferlante d’envergure. J’ai découvert de jeunes auteurs indépendants qui m’ont fait l’honneur de leur amitié et m’ont confié leurs textes. De fil en aiguille, mon petit cercle s’est agrandi et j’ai travaillé également pour Lune Ecarlate qui vient de me confier un bébé et défi de taille : la co- direction d’Amarante Éditions.

Amarante Editions

Quel a été l’élément déclencheur qui a donné vie à ce nouveau label ?
Nathalie Lial (directrice de Lune Ecarlate et d’Amarante) pensait depuis quelque temps que nos auteurs de romance manquaient de visibilité au sein de Lune Ecarlate qui est, il faut le dire, avant tout tournée vers les littératures de l’imaginaire. Je savais qu’elle réfléchissait depuis plusieurs mois à une restructuration des collections de Lune Ecarlate, mais j’ignorais totalement qu’elle pensait donner le jour à une seconde maison d’édition et je suis tombée des nues quand elle m’en a proposé la codirection éditoriale.

Combien de personnes travaillent pour Amarante ?
Alors cela, c’est une question à laquelle il m’est totalement impossible de répondre, car le chiffre est en constante évolution. Il y a nos auteurs, bien entendu, mais aussi tous les chroniqueurs (-euses), bloggueurs (-euses) qui nous ont accordé leur intérêt et leur confiance et qui abattent un travail monstre[1], mais aussi nos lecteurs et lectrices qui partagent leur enthousiasme, leurs avis sur nos publications.

[1] Nathalie et moi avons tout récemment créé un nouveau groupe (Lune-Ecarlate et Amarante Éditions) qui leur est spécialement dédié où nous proposons les sorties des deux maisons d’édition en service presse. 

Le site est pétillant et affiche des réalisations très colorées. Les couvertures sont en cohésion parfaite avec l’énergie du site. Qui sont les illustrateurs des publications Amarante ?
Nathalie qui est, outre une éditrice au flair certain, également une graphiste et illustratrice de grand talent.

         

Avec une ligne éditoriale spécialisée en romance (SF-Fantastique-Fantasy, historique, contemporaine et romantic Suspense), en chick-lit et en littérature contemporaine, est-ce qu’en 2018 le roman féminin est le meilleur moyen de vendre et se faire connaître ?
Je pense que les femmes ont toujours été de grandes lectrices. Plus encore maintenant, puisque toute une littérature spécialisée leur est spécialement dédiée. Depuis une vingtaine d’années la vision de la littérature a beaucoup évolué. Lorsque je faisais mes études, on ne jurait que par les auteurs « classiques ». Il fleurissait, de-ci de-là, des romans un peu en marge, mais ils n’étaient pas légion. On se posait même la question de savoir s’il fallait ou non inclure les genres imaginaires et la romance en histoire de la littérature. Les mentalités et le lectorat a beaucoup évolué. Et la manière de lire et d’échanger aussi. Avec l’avènement du numérique, l’apparition de lauto-édition l’effervescence des réseaux sociaux, des blogs littéraires spécialisés ou non, des groupes d’échange, il est je pense en effet beaucoup plus facile pour Madame Toulmonde d’écrire et de soumettre son texte à un public potentiel, puisqu’il n’est plus incontournable de passer par un éditeur. Je pense toutefois que l’édition a encore toute sa raison d’être aujourd’hui dans un monde où foisonnent de jeunes plumes où se cachent parfois de réelles perles.

Combien de temps faut-il attendre entre la réception du texte et le retour aux auteurs ?
Excellente question, tout dépend du nombre de manuscrits qui nous sont envoyés et également des membres de notre comité de lecture. En effet, les personnes qui s’y sont engagées sont des bénévoles. Il est par conséquent difficile de leur imposer un délai dans leur vie déjà bien chargée. Mais chaque auteur recevra un accusé de réception avec une évaluation du temps de réponse. Dans un premier temps (excepté pour les nouvelles), nous demandons aux auteurs de nous envoyer un synopsis détaillé et 5 chapitres de leur roman. Si ce premier envoi est retenu, nous demandons alors à l’auteur l’intégralité de son texte.

D’ailleurs si, parmi les lecteurs de cet article, certains sont intéressés par la participation à ce comité de lecture, ils peuvent postuler en mentionnant leurs motivations à info@lune-ecarlate.com.

Quels sont vos critères de sélection ? Qu’est-ce qui vous séduit ou vous horripile ?
Nous portons une attention particulière à trois critères :

  • l’efficacité et le développement logique du scénario
  • le soin apporté à l’écriture et au style
  • l’originalité du récit (inutile, en effet, d’éditer une énième variante d’une histoire mille fois parue)

Quand un tapuscrit est refusé, comment se passe l’annonce ? Mail type ou personnalisé ? Donnez-vous une indication sur ce qui a plu ou manqué dans le récit ?
Si le tapuscrit n’est pas retenu, Amarante Éditions prévient l’auteur et motive brièvement sa décision par MP. En effet, Amarante Éditions est une maison qui soigne ses lecteurs comme ses auteurs. L’envoi d’un manuscrit pour un auteur est une démarche hautement anxiogène, car il confie une partie de lui-même à un tiers. La moindre des choses est de respecter la confiance que l’écrivain nous accorde en nous envoyant son bébé.

Il se peut aussi que l’on renvoie l’auteur à sa copie pour qu’il retravaille son texte parce que tel ou tel aspect doit être affiné.

Et lorsqu’un livre vous tape dans l’œil, comment se passe la suite ? Est-ce une décision de groupe ?
Bien entendu, il s’agit d’une décision qui se prend en concertation et qui fait toujours l’objet d’une discussion ouverte entre nous.

Quel est le processus éditorial jusqu’à la publication numérique ?
Une fois le texte accepté, il fait l’objet d’un contrat éditorial. Il est ensuite confié à nos correctrices qui travaillent dans un esprit de collaboration et de communication constantes avec l’auteur. Il en va de même pour la conception de la couverture.

Quelle est votre relation avec les auteurs, et comment travaillez-vous avec eux ?
Nous travaillons tous de concert dans le plus grand respect de l’auteur et dans la communication, comme dit ci-dessus.

À ce jour, vous avez déjà plusieurs titres dans votre catalogue :
Ève TERRELLON, Le Tigre de la Destinée (romance historique)
Nathy, Couleur de sang (romance sous forme de conte pour adultes) et Le peintre (romance M/M)
Greg QUESNE, Premières fois (romance onirique) et Aujourd’hui, j’ai eu six ans (littérature contemporaine)
Aurore CARLIER et Amandine FORGALI, Machiavélique rencontre (romance fantastique)
Florence GERARD, Cœur de biker (new romance)

         

Quelles sont vos prochaines sorties ?
En mai, nous sortons deux romances qui mettent des femmes mûres à l’avant de la scène : Le Soleil des Cyclades d’Hélène Marche et Au premier jour de Laureline Roy. L’amour ne décoche pas exclusivement ses flèches dans des cœurs qui ont entre 20 et 30 ans et il peut également ressurgir d’un passé que l’on pensait révolu.

Nous proposons également des rééditions de romans antérieurement parus dans la collection « Lune de Miel » chez Lune Écarlate qui apparaissent maintenant sous le label Amarante. Je pense aux Dames de Riprole d’Ève Terrellon, entre autres. En effet, ceux-ci manquaient de visibilité chez Lune Écarlate au milieu de la littérature de l’imaginaire.

      

Avec quels partenaires, blogueurs et booktubers, travaillez-vous ?
Alors là, impossible de les citer tous, car leur nombre augmente chaque jour ! Mais ils sont chaleureux et enthousiastes. Lune-Écarlate et Amarante Éditions ont créé un groupe sur FB (lune-écarlate et amarante éditions) où ils peuvent s’inscrire. Cette vitrine en temps réel est pratique et simple pour eux comme pour nous, éditeurs.

Puisque vous publiez uniquement du numérique, serez-vous tout de même présent sur des salons ? Proposerez-vous des livres-USB ?
Nous n’en avons pas encore parlé, car Amarante est toute jeune, même si elle porte en germes toute l’expérience de Lune-Écarlate, ce qui est un atout remarquable. C’est un des aspects dont nous devrons reparler à moyen terme. Mais certains de nos auteurs participent à des salons ou des séances de dédicaces, comme Hélène Marche qui présentera son nouveau roman le 5 mai chez Harri Cow à Toulouse.

Merci beaucoup, Anne, pour ces informations ! Si vous souhaitez en savoir plus, c’est par ici :

Facebook pour Amarante

Amarante Editions

La page commune Lune-Ecarlate et Amarante Editions

Les éditions Lune-Ecarlate

Un mois, une série N°1 Altered Carbone

Altered-Carbon-Netflix

La série est sortie le 2 février de cette année sur Netflix. J’avais prévu de la visionner le soir même, mais comme j’ai tendance à vouloir savourer les séries à deux, la théorie ne fait pas toujours la réalité. Du coup, pour attendre, j’ai acheté le livre de Richard Morgan (un roman noir de science-fiction — techno-thriller-postcyperpunk, publié en 2002)…

altered carbone le roman

… mais je ne l’ai pas lu, de peur de ne pas apprécier autant la série. Alors, je me trouvais avec le roman et la série, mais pas moyen de la regarder immédiatement… Le supplice ! Dès qu’une soirée a pu être bloquée, j’ai dévoré la moitié de la saison en une fois (5 heures) et terminé le lendemain. Verdict : que du bonheur !!! C’est bien simple, je serai capable de la regarder une seconde fois tellement j’ai adoré cette ambiance, les personnages et leur histoire ! Allez, je vous en parle sans trop spoiler :

Carbone modifié (oui, parce que mine de rien, je préfère utiliser la langue française autant que possible) se passe dans le futur et raconte les aventures de Takeshi Kovacs.

 pile corticale

Lors d’un décès, il est courant pour la population de récupérer à la base de la nuque du mort un implant (la pile corticale) contenant ses sentiments, pensées et personnalité et réinjecter le tout vers un corps vide. La plupart sont organiques et pour les plus riches clonés. Le corps ne garde aucun souvenir du propriétaire de base puisque tout est dans l’implant, mais conserve la mémoire musculaire, par exemple, si l’ancien propriétaire excellait au combat, le corps va garder cette capacité. Tant que la pile corticale est en bon état, la conscience peut être téléchargée sur n’importe quel dispositif de stockage ou corps, même sur un satellite.

 

J’adore ce moyen de résurrection, un peu comme des lecteurs DVD sur patte. Tu insères le disque et hop c’est reparti, tu as la vie devant toi ! Ça donne un côté un peu vampire des temps modernes, sans aucun lien avec ce mythe. (Je me demande ce qu’en penseraient les membres du clan Tarran s’ils se retrouvaient à cette époque !)

Pour en revenir à Kovacs, il est ramené à la vie 250 ans après sa mort, à la prison d’Alcatraz de Bay City grâce à un puissant homme d’affaires : Laurens Bancroft. Le but ? Résoudre un meurtre en échange de sa liberté. Pourquoi lui ? Parce qu’il est le dernier « diplo » vivant. Comprenez un homme qui étudie les détails, un Sherlock Holms moderne et surentraîné, un diplomate non conventionnel aux compétences nourries par ses souvenirs. Formé par Quellcrist (son mentor et défunte compagne), il représente la force la plus redoutable de tous les temps, capable de se fondre partout, s’infiltrer et manipuler.

Petit focus sur les deux personnages centraux :

Kristin

Kristin Ortega

Kovacs

Takeshi Kovacs

Ortega, une lieutenant de police au caractère bien trempé, et Kovacs le diplomate transféré dans la peau d’une nouvelle enveloppe — le corps d’Eliak Ryker — et qui aura les premières heures de la saison pour comprendre qu’on ne l’a pas inséré dans ce corps pour rien (mais ça, je vous laisse découvrir pourquoi).

Leur rencontre est plus complexe qu’il n’y paraît. Lui analyse la situation, découvre ce nouveau monde, et elle tente de lui tirer les vers du nez… Mais avec sa personnalité, ce n’est pas gagné. Une fois chez Bancroft, l’homme qui a financé son retour, on découvre la couche sociale enviée et considérée un peu comme des Immortels par la population lambda : les Maths (abréviation des mathusalems), des vieux ayant vécu plus de 300 ans.

Comme je le disais plus haut, Laurens Bancroft propose à Kovacs de retrouver sa liberté en échange d’une réponse : le nom de son assassin. Oui, il a sauvegardé ses souvenirs juste avant de rencontrer la mort.  Quelqu’un dans son entourage aurait-il osé le défier ? Il veut savoir !

Tout au long de la saison, on va de découverte en découverte dans ce seul but. Bien sûr, une multitude d’autres événements se greffent à l’histoire, permettant de mieux comprendre ce concept de pile corticale et ses dérivés. On rencontre les « catholiques » qui refusent de ressusciter les morts, et surtout on plonge dans les souvenirs de Kovacs, sa jeunesse, ses choix, ses entraînements. Son passé a une grande importance et naviguer dans ses souvenirs permet au spectateur de plonger dans sa personnalité, découvrir sa famille, ses attaches. Le jeu d’acteurs est si bon qu’on souffre avec lui pendant les tortures aussi physiques que psychologiques, on jubile avec lui quand il ressort vainqueur. On s’attache à Ortega, à son sale caractère, à sa détermination, ses espoirs. On est touché par la faille de Kovacs, cet homme sans attache et qui pourtant…

Les concernant, il m’est difficile de vous parler d’une scène en particulier parce que tout a son importance, il y a trop de choses à raconter et je ne voudrais pas vous gâcher les surprises, mais s’il ne fallait en choisir qu’une, je dirais la séquence de fin que je trouve particulièrement touchante. Quand deux espoirs modifient un avenir, on ne peut qu’hésiter entre s’en satisfaire ou le déplorer. J’avoue que je me suis attachée au physique de Joel Kinnaman et la personnalité qu’il dégage dans le rôle de Kovacs, et je suis curieuse de découvrir si le scénario de la saison 2 s’éloignera du roman, ce qui n’est apparemment pas impossible (vous comprendrez mieux mon dilemme en visionnant la série).

Poe

Il y a encore de nombreux personnages remarquables, mais l’autre qui sort du lot à mes yeux, c’est Edgar Poe. Pas le poète et auteur, mais une IA qui agit selon ses propres desseins et qui se voue à l’unique client de son hôtel (Kovacs). Je trouve le gérant de l’hôtel Raven attachant et amusant. Pince sans rire et avec des habitudes « oldschool », on ne peut que tomber sous son charme. Une créature artificielle, mais pourtant plus humaine que les Hommes. Le comportement humain l’intéresse beaucoup. D’ailleurs, il aura un rôle décisif auprès de Lizzie, la conscience d’une jeune fille emprisonnée dans l’horreur. Son côté bienveillant et en même temps son potentiel hautement mortel pour ceux qui s’en prennent aux personnes qu’il apprécie font un duo psychologique qui fonctionne à merveille.

J’ai un faible pour les créations Netflix. Je trouve qu’ils font souvent mouche avec mes attentes : de l’originalité, des sujets sensibles traités avec justesse, des entrées en matière prenantes.  (À commencer par la beauté de leurs génériques : pour cette série, ils mettent en avant un serpent et sa mue, tout est dit en une image !) Implanter sa conscience dans n’importe quel corps, en changer comme on change de chemise, cette facilité est opposée à la question du sens de la vie. Science, technologie, valeurs et esprit se percutent. Il y a trop de sujets abordés dans cette série pour tous les nommer, mais vous y trouverez votre compte. Si vous avez envie de voir l’immortalité sous un autre jour, c’est la série qu’il vous faut ! Si vous avez envie de découvrir la puissance des sentiments, aussi dévastatrice que salvatrice, c’est là qu’il faut partir. Si une badass et un solitaire, ça vous parle, plongez votre nez dans cette série (surtout, si vous aimez les sacs à dos rose avec licorne).

« Laissez l’expérience vous submerger, absorbez-là comme une éponge,
ne vous inquiétez de rien. Il n’y a que comme ça que vous serez prêt à tout ».

Le petit plus : la touche d’humour. Mesdames, si vous avez toujours rêvé de vous retrouver dans le corps du sexe opposé c’est une expérience à vivre au travers de deux scènes.

Le petit moins : alors qu’ils possèdent une technologie pour soigner les blessures avec un simple laser, Kovacs traîne une blessure au visage pendant plusieurs séries. Peut-être sa manie du détail.

Verdict : La vie de Kovacs m’a capturée dans ses filets, j’attends avec impatience de découvrir les saisons suivantes, de me plonger dans ce roman et ses deux suites : « Anges déchus » et « Furies déchaînées ».

En trois mots, Altered carbon c’est réflexions, fascination et dépendance.

Trailer : (en VO sous-titrée, parce que les voix originales, c’est tellement mieux !)

Maintenant que j’ai visionné la première saison, je compte me plonger dans la lecture du roman et posterai prochainement un compte rendu.