Pas si simple

 

pas si simple

Parce que, dans la vie, rien n’est simple, Scarlett se retrouve coincée par la neige à l’aéroport d’Heathrow avec sa sœur Mélie l’avant-veille de Noël.

Parce que, dans sa vie, tout est compliqué, Scarlett entre par erreur dans les toilettes des hommes et tombe sur William, un Britannique cynique et provocateur dont le flegme et le charme distingué sont ce que la Grande-Bretagne promet de mieux. Les heures d’attente leur permettent de faire plus ample connaissance et William leur propose alors de passer le réveillon dans sa maison, près de Kensington Street, le temps que le trafic reprenne. Une invitation en apparence innocente, mais qui va conduire les deux jeunes femmes au cœur d’un réveillon riche en émotions et en surprises de taille…

 Pas si simple aborde avec intelligence et délicatesse les thèmes de la famille, du deuil, de l’amour et de l’engagement. Une comédie romantique pleine d’humour et d’espoir dont les valeurs universelles parleront à chacun.

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C’est en cherchant le parcours des auteurs invités au festival du roman féminin que j’ai découvert « Pas si simple ». Sorti le 22 mars 2017, il est noté comme coup de cœur éditorial. La couverture m’a intriguée et la 4e de couverture a terminé de m’accrocher. C’est donc tout naturellement que j’ai cliqué sur l’achat, et je n’ai pas regretté ! J’ai trouvé ce roman drôle, vivant, plein d’autodérision, avec une écriture entraînante qui pousse à dévorer les pages. L’humour et la romance ont un très bel écrin avec cette histoire.
J’ai le regret de vous annoncer que la plume de Lucie Castel est sarcastique et qu’une fois le nez dans la première page vous ne pourrez plus vous arrêter !

Après avoir eu autant de plaisir à découvrir ce roman, je me devais de creuser un peu plus le sujet et faire plus ample connaissance avec l’auteur.

lucie castelLucie Castel

Merci d’avoir accepté de répondre à ma curiosité. Je débuterai cet entretien avec une question cruciale : est-ce qu’il existe vraiment des opérations pour raccourcir les oreilles des lapins bélier afin de les aider à marcher ?
Absolument  Je me souviens avoir vu une émission sur les animaux domestiques et tous les métiers associés et ils parlaient de cette opération qui bien entendu était pratiquée par des personnes soucieuses de l’esthétique de leur lapin parce qu’entre nous le lapin, à mon sens, il n’en a un peu rien à faire de la longueur de ses oreilles. Bref ça m’avait tellement hallucinée que je me suis dit qu’un jour je le placerai dans un libre.

J’aime beaucoup la couverture, c’est le genre que j’affectionne, voir un symbole plutôt que des personnages. Est-ce vous qui désiriez cette représentation ou est-ce le choix de votre maison d’édition Harlequin ? Et que souhaitiez-vous mettre en avant avec cette image ?
Pour ce roman-là, j’avoue avoir totalement confiance à l’équipe éditoriale. Quand j’ai vu le projet de couverture je me suis dit qu’ils avaient saisi le message du roman. J’aime les écritures et les histoires décalées et je trouve que le cupcake (qui paraît-il s’appelle le red velvet) planté d’une fourchette brisée était tellement en adéquation avec le ton du roman.

Dans ce roman, plusieurs sujets sensibles sont traités avec beaucoup de finesse, tels que l’homosexualité, les conflits familiaux, la remise en question, les règlements de compte, le deuil, mais aussi les valeurs, la bienveillance et l’amour. Est-ce qu’en débutant l’écriture vous aviez tout cela en tête ou est-ce venu petit à petit se rajouter dans l’histoire ?
Très honnêtement ce sont des thématiques qui me sont chères donc dès le départ quand j’ai construit les personnages j’avais dans l’idée qu’ils seraient confrontés à telles ou telles émotions et défis émotionnels. La thématique notamment du deuil ou de la différence sont assez récurrents dans mon écriture.

Les personnages sont riches et tous attachants. L’architecte Scarlette, la sexologue Mélie qui parle sans filtre, leur mère au sang italien, ainsi que le très british William et toute sa famille (le frère Thomas, la mère Lena, la tante Kathy, Georges le père plus que discret et la grand-mère Lizzie). Ils affichent tous des personnalités différentes, touchantes à leur manière. Qu’est-ce qui vous a inspiré ces personnages et ont-ils évolué au fil de l’écriture ?
Je ne sais pas construire un personnage sur la seule base de mon imagination. Ils naissent toujours d’un trait de caractère que j’ai croisé soit de façon fugace d’une personne que je n’ai connue que quelques instants soit des proches. Cela peut être un trait de caractère, une façon de parler, une allure, une expression bref quelque chose chez un individu que j’ai croisé qui à un moment est l’étincelle créatrice du personnage. Je suis le genre d’auteur qui se laisse assez facilement posséder par les personnages, donc je les fais interagir mais ils évoluent tous au cours de l’histoire et parfois je me laisse totalement dépasser par eux. Clairement le personnage de Mélie est un parfait exemple de ce phénomène. Elle n’aurait jamais dû être autant développée et au final, je n’ai pas un retour sur ce roman sans qu’on me parle de Mélie. Je crois qu’elle survole totalement le roman et je n’ai pas forcément eu conscience de son importance dans le récit.

Pourquoi avez-vous eu envie de centrer l’intrigue dans un aéroport et au sein d’un repas de famille ? Vous inspirez-vous de vos propres expériences (amis ou famille) ?
Pour cette histoire, je suis effectivement partie d’une expérience personnelle où j’ai été coincée dans un aéroport pour cause d’intempérie. Je me souviens que j’observais les gens, ce microcosme étrange de personnes en transit et coincées elles aussi, et je leur inventais des histoires pour tuer le temps. Je m’étais dit que ce serait drôle d’inventer une histoire qui démarrerait comme ça. Pour les repas de famille, ce n’est pas spécialement lié à mon histoire personnelle mais je crois que les querelles entre les fratries ou les clans sont un thème assez universel. Qui n’a pas connu un repas en famille qui s’il n’a pas totalement dégénéré n’a pas été un peu tendu ?

Au début du roman, il y a une scène clé qui se passe dans les w.c. de l’aéroport d’Heathrow. J’ai adoré cet humour ! Est-ce qu’il vous est déjà arrivé pareille mésaventure ? Sinon, qu’est-ce qui vous a inspiré cette scène du prototype pour siège bébé ?
Ah oui, ça m’est arrivé un nombre incalculable de fois ! Je suis une personne assez distraite ou assez concentrée sur ses pensées du coup, je me retrouve très souvent dans des endroits sans me rappeler forcément ce que je viens y faire ou comment j’y suis arrivé et comme j’ai en plus un grand sens de la mauvaise fois, j’aurais très bien pu donner l’excuse des prototypes de sièges pour bébés.

Pourquoi avoir choisi de parler de la pointe du Grouin en Bretagne ? Simplement pour la sonorité du mot ou parce que vous avez des affinités avec ce lieu ?
Il y a quatre ans, j’ai découvert la Bretagne, ou plus exactement la partie entre Cancale, Saint-Malo Dinard et le Mont-Saint-Michel et ça a été une vraie révélation. Je suis tombée amoureuse de ces lieux à tel point que j’en ai fait deux romans. Et la pointe du groin est un endroit magique parce que selon les nuages dans le ciel et les jets de lumière le Mont-Saint-Michel apparaît et disparaît sur l’horizon comme par magie. C’est un endroit vraiment exceptionnel.

800px-France_Pointe_Du_Grouin_bordercropped(source : wikipedia)

Écrivez-vous pour transmettre des messages ? (tolérance, ouverture d’esprit, etc.)
Des messages, je ne sais pas si j’ai cet orgueil-là, mais en tout cas des émotions ça c’est certain. Après, je pensé qu’un bon roman est un roman sincère. Les réflexions que je distille dans le roman sont les miennes et je libre ma vision du monde. Je la libre ensuite au lecteur et bien sûr j’aimerai qu’il en fasse quelque chose. C’est-à-dire qu’il en rit, qu’il en pleure, qu’il en soit heureux ou triste, etc. Je raconte avant tout des histoires pour faire voyager les gens. Si en plus certaines choses que je dis trouvent un écho auprès d’un lecteur, c’est un très joli bonus.

J’entends souvent dire que dans les romances il y a trop peu de place pour le préservatif. Était-ce un choix de le mettre en avant ?
Pour être très honnête dans la première version, je ne l’avais pas mentionné. La raison est que mes scènes n’ont pas vocation à être forcément réalistes. Je fais faire un voyage au lecteur, je lui invente des mondes et des personnages qui même s’ils ont l’air d’être réels ne le sont pas. Donc pour moi ne pas évoquer le préservatif allait de pair avec le fait que je ne décris pas certains sons, ou odeurs, etc. J’ai fait le choix de décrire une scène d’amour de façon assez métaphorique sans entrer trop dans le détail. Et puis l’une de mes amies qui lisait le livre à mesure que je l’écrivais m’a dit que justement on en parlait pas assez et que ce serait bien de l’insérer et de montrer qu’on pouvait faire référence à quelque chose de grave dans le sens de la santé des personnes tout en le rendant sensuel, léger et ludique. Je me suis dit qu’elle avait raison et que j’allais essayer de le faire. Je ne suis pas sure que je le ferai à chaque fois mais là ça s’y prêtait.

Avant de débuter l’écriture, faites-vous un plan et une fiche précise de chaque personnage ou vous laissez-vous porter par l’écriture ?
J’ai testé les deux techniques et si on veut écrire plus vite clairement le plan détaillé avant le démarrage de l’écriture est essentiel. Je ne me passe jamais de fiches de personnages détaillées par contre.

J’ai lu qu’il vous fallait 2 mois d’écriture avant de passer aux corrections. Combien d’heures écrivez-vous par jour ?
C’est extrêmement variable. J’aimerais être un auteur régulier mais hélas pour moi je passe par de grandes phases de pages blanches et par des phases d’hyper activité d’écriture. Mais si je lisse le tout, je dirais deux à trois heures par jour.

Vous êtes professeur de droit dans une prestigieuse école à Lyon et vous avez de multiples projets artistiques en plus de l’écriture. Comment trouvez-vous le temps de tout mener à bien et depuis combien de temps écrivez-vous ?
La drogue. Non blague à part, j’essaye de me tenir à un planning précis dans la semaine. Je sais que telle et telle plage horaire sont dédiées à telles activités artistiques. Pour ce qui est de l’écriture c’est comme le dessin je crois que je fais ça depuis que je suis toute petite. Je me souviens quand j’avais treize / quatorze ans j’échangeais des lettres avec ma meilleure amie et déjà j’écrivais des petites histoires dont nous étions bien sûr les héroïnes.

La fin des chapitres se termine toujours de manière amusante, est-ce que c’était voulu dès le départ ? Est-ce votre signature ou le hasard qui a voulu ainsi ?
C’est voulu. Je fais très attention à terminer un chapitre par une punch line ou quelque chose d’abrupt. J’ai toujours pensé que j’étais plus metteur en scène qu’écrivain, je vois mes chapitres comme des scènes donc ils doivent se terminer par quelque chose qui donne envie de tourner la page et qui garde un certain rythme.

Il s’agit de votre première romance, mais vous avez déjà écrit des thrillers sous le nom de plume Oren Miller. Qu’est-ce qui vous a décidé à tenter un autre style ?
Je sortais de l’écriture de J’agonise fort bien merci, qui était mon premier vrai polar et j’étais vidée. Ça m’avait demandé beaucoup de recherches et de travail et j’avais du mal à repartir. Une de mes amies qui est auteur de romance m’a dit qu’avec mon type de plume caustique et mes personnages je devrais me lancer dans la romance histoire de me frotter à un autre genre. Elle a eu raison car je me suis beaucoup amusée et les gens sont tellement différents qu’ils me permettent de me ressourcer et de rompre la monotonie d’un seul genre.

Cette romance nous plonge à Londres, la prochaine se déroulera en Écosse. Deux endroits que vous appréciez. Est-ce qu’un jour vous nous emmènerez chez vous à Lyon ?
Eh bien je me suis posé la question il n’y a pas très longtemps. Je ne sais pas trop. Je crois que mes romans sont tous des déclarations d’amour à des lieux que j’ai visités et que j’ai adoré. Ce sont mes voyages qui déclenchent les histoires. J’aime énormément Lyon, c’est ma ville, mon chez-moi depuis que je suis née mais du coup je la connais tellement par cœur que pour moi il n’y a pas de défi à la décrire dans un roman assez précisément pour que le lecteur ait l’impression d’y être. Je pensé que je suis étrangement trop proche de Lyon pour la livrer dans mes romans. Mais rien n’est jamais figé, pourquoi pas ?

Vous aimez les personnes aux multiples facettes. Pourriez-vous nous parler du caractère de vos prochains personnages ?
Pour ce qui est de la prochaine comédie romantique, les personnages seront un peu plus sombres. Déjà le héros et l’héroïne, bien que chez moi les personnages secondaires soient aussi importants, sont déjà bien plus entiers et passionnés que Scarlett et Wiliam. Leur rencontré va donc être bien plus tendue et bien moins courtoises. Je dirais qu’on se rapproche un peu plus encore des types de personnages que j’affectionne, des caractères taillés en pointe par la vie, des écorchés vifs qui sont pourtant restés étonnamment humains. Et bien sûr je garde ma galerie de personnages secondaires atypiques et déjantés.

Merci beaucoup.
Merci à vous pour ces questions vraiment très intéressantes qui me permettent de partager un peu plus mon processus d’écriture avec le lecteur!

Facebook d’Oren Miller

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