Marylin Stellini et les auteurs helvétiques

Il y a peu, j’ai intégré un groupe passionnant : Auteurs helvétiques de littérature du genre.

En quelques clics, je suis tombée dans la solidarité, les projets, la promotion (collective et individuelle) et ce que l’on pourrait qualifier d’amitié virtuelle. C’est un réel plaisir de découvrir d’autres auteurs suisses qui souhaitent mettre en avant les genres littéraires : fantasy, fantastique, polar/noir, romance, SF et tous leurs sous-genres.

Ce rassemblement d’auteurs a débuté grâce à Marilyn Stellini. Je vous propose donc de faire sa connaissance et d’en apprendre plus sur elle est les Helvètes associés.

Marylin Stellini

Bonjour Marilyn, auteure amoureuse des mots, de l’art et des sentiments. Pourrais-tu nous parler un peu de toi ?
Petite, je dévorais les contes. J’adorais ça. Je les lisais et les relisais en boucle et je sautais de joie quand on m’offrait un recueil de Grimm ou Perrault. Adolescente, je passais presque tout mon argent de poche dans les livres, j’adorais par exemple la série « Alice détective ». Du polar, donc, après l’univers fantastique des contes. Ces univers ont influencé mes lectures d’adulte puisque la série « Outlander » a véritablement marqué ma vie, pas seulement d’auteure. Et puis il y avait aussi les romans Harlequin que je piquais à ma grand-mère qui en avait des cartons entiers au grenier. Je n’ai en fait jamais vraiment été attirée par les histoires ordinaires de gens ordinaires, pour moi, lire, c’était m’évader, et le plus loin possible, dans la magie, les grandes quêtes, les grandes histoires d’amour…
Jusqu’à ce que je m’évade dans mes propres univers. Vers mes 7 ou 8 ans, pour un devoir de classe, j’ai écrit un conte. Mon instituteur l’a trouvé tellement bien qu’il en a fait des petits livres pour toute la classe. Beaucoup d’essais, d’esquisses, ont vu le jour par la suite, jusqu’à ce que je décide de m’y mettre sérieusement au début de ma vingtaine. Ecrire, c’est une montagne à gravir. Pas facile d’être tout en bas et de constater que le sommet est encore si haut. Mais une fois dans les nuages, on plane, bien sûr…

Ma première publication n’a pas été mon premier roman rédigé, réellement achevé il y a quelques semaines après de nombreuses corrections et réécritures. Ce fut un roman très très intimiste qui m’a appris à tremper la plume dans mon propre sang pour écrire. Le roman est devenu un diptyque paru aux Editions Milady.

Mon 4e roman à paraître est entre le feel-good et la romance contemporaine, et enfin, le tout premier roman, le début du cycle « Evolution », est à la croisée du fantastique et de la fantasy.

La culture suisse a-t-elle une importance centrale dans tes écrits ?
En fait, pas du tout. Pour le moment, mes 4 romans rédigés se passent en Grande-Bretagne parce que j’aime cette Terre de manière irrationnelle, mais c’est plus une question de paysage que de culture, même si on retrouve de temps en temps les rituels du thé et des scones. En fait, j’essaie d’écrire des romans non pas universels, puisqu’ils sont tout de même ethno-centrés, mais très occidentaux de manière générale.

Tu es à l’origine de la création du Salon du livre romand de Fribourg qui vient de fêter sa 4e édition. Après 3 années à sa tête, as-tu ressenti la nécessité de promouvoir l’Imaginaire autrement ?
C’est exactement ça. C’est pour cela que je me suis dit qu’il fallait qu’on se regroupe entre potes et connaissances de ces univers particuliers, nous qui sommes toujours en marge des récits contemporains à succès, dans les librairies comme dans les salons. C’est justement au cours de la 4e édition du Salon du livre romand que j’ai constaté à quel point des couvertures de style épique ou romantique pouvaient effrayer le chaland traditionnel, empli de préjugés pour le « genre », qu’il associe au choix à des romans de gare, à des produits de la culture geek pour adolescents attardés, ou encore à de la guimauve coulante sous forme de mots pour des mères de famille en mal de sensations fortes. Le grand public ne s’imagine pas que le genre peut-être une occasion très pertinente d’aborder de grands sujets de sociétés, tels que l’eugénisme pour Harry Potter, une critique qui est au cœur de l’intrigue principale, ou la solidarité entre les peuples pour Tolkien et sa communauté de l’anneau qui regroupe des êtres aussi différents que Nains, Elfes, Hobbits… dans une quête commune. Je perçois le genre comme une métaphore filée sur tout un roman, voire une série de romans, pour mieux nous parler de qui nous sommes, et je rêverais que le grand public perçoive également cet aspect.

La Suisse fourmille de talents « cachés », serait-ce cette impression qui t’a donné envie de créer un groupe d’auteurs helvétiques ?
Je me suis plutôt aperçue du nombre élevé d’auteurs de genre à la création de ce groupe, ce qui a été une très belle surprise, et qui me motive d’autant plus. Non, la création de ce groupe était plutôt du fait que, en Suisse plus qu’ailleurs, la culture est très traditionaliste, il n’y a qu’à observer la scène politique à majorité conservatrice pour s’en rendre compte. On accueille moins facilement ce qui vient d’ailleurs, ici. Le genre est plus méconnu encore en Suisse qu’ailleurs. Pour preuve, sauf erreur de ma part, il n’existe pas de maison d’édition suisse romande (ou suisse tout court) spécialisée dans l’imaginaire, est ce n’est ni une question de marché, ni une question de nombres d’auteurs à publier. Souvent, les critiques littéraires ont tendance à classer dans un dénominatif fourre-tout « science-fiction », tout ce qui a trait à l’imaginaire. Quant à la romance, il semble que ça ne vaille même pas la peine pour eux d’en ouvrir un livre.

Il est donc temps de lutter contre cet obscurantisme en communiquant, et en communiquant de manière coordonnée. L’union fait la force !

Comment comptes-tu mettre à l’honneur les genres littéraires ?
Nous rassembler permet de mettre en commun nos lecteurs, qui sont tous amateurs des mêmes genres de livres. D’autre part, accorder nos violons dans un discours commun nous permettra d’avoir plus de visibilité dans la presse. La prochaine étape, lorsque tous les auteurs intéressés se seront manifestés, sera de diffuser un communiqué de presse dans l’espoir de décrocher des interviews. Je souhaite également augmenter notre présence sur le web en relayant les actualités des uns et des autres. Enfin, nous regrouper nous permettra d’organiser plus facilement et efficacement notre présence en salons tels que les Swiss Fantasy Show ou les Imaginales, voire les Futuriales et d’autres, mais aussi en salons généralistes pour conquérir de nouveaux lecteurs.

Quels sont tes attentes et tes projets par rapport aux auteurs qui ont rejoint cette petite communauté ?
Ce qui serait le plus beau à mes yeux, c’est que tout le monde apprenne à connaître tout le monde, s’implique à son échelle, et se soutienne dans sa vie d’écrivain, dans ses processus d’écriture, etc., se lise parmi, se recommande parmi, et fasse vivre la communauté par des articles, des interviewes, pourquoi pas des vidéos, etc.

Qu’envisages-tu comme prochaines étapes pour ce groupe ?
Que tous les auteurs inscrits aient envoyé leur présentation pour nourrir la page Facebook et le blog serait déjà beau ! Chaque chose en son temps. Ensuite, étendre nos réseaux sociaux, et enfin nous retrouver dans les salons. La prochaine date sera le Swiss Fantasy Show en mai, où nous serons six.

Merci pour tes réponses Marylin. 

Amis lecteurs, j’espère que vous avez eu plaisir à découvrir celle qui se cache derrière cette initiative et que vous penserez plus souvent à lire des romans d’auteurs suisses. 😉 J’espère également que vous suivrez avec autant de plaisir que moi l’évolution de ce groupe. À bientôt sur les salons!

Liens 

La page Facebook

Le blog

Vous pourrez prochainement suivre les Auteurs Helvétiques de littérature du genre sur Instagram et Twitter.

5 commentaires sur “Marylin Stellini et les auteurs helvétiques

  1. A reblogué ceci sur Le Fictiologueet a ajouté:
    En Suisse, il y a plein d’auteur-e-s talentueuses qui écrivent de la fantasy, du polar, de la science-fiction, du fantastique, de la romance, du steampunk, de l’horreur, etc… Un site, une page Facebook, que dis-je, un mouvement, les rassemble désormais.

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  2. je trouve génial de trouver des auteurs suisses. Écrivant aussi à mes heures perdues, je trouve dommage de devoir se rendre en France pour réussir dans ces genres-là.

    Le plus grand perdant dans cette histoire ce ne sont pas ces auteurs, mais le pays en fait. Et vouloir soutenir des œuvres un peu « avant-gardiste » (je dis avant-gardiste, mais j’ai l’impression que la simplicité et l’envie de distraire n’ont pas leur place dans la bibliothèque suisse) ou encore « correspondant aux clichés du pays » (littérature de montagne)

    en plus, mon histoire se passe en Suisse ! Si l’édition me sourit.. je trouverais bizarre de partir de l’autre côté de la frontière.

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