Le Roi des Fauves

Poussés par une famine sans précédent, trois amis, Kaya, Ivar et Oswald, prennent le risque de braconner sur les terres de leur seigneur, mais son fils les surprend. Au terme d’une lutte acharnée, ils laissent le noble pour mort.
Capturés et jugés pour tentative de meurtre, les trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les transformer en « berserkirs ».

Au bout de sept jours de lente métamorphose, ils seront devenus des hommes-bêtes, et leur raison s’abîmera dans une rage inextinguible. Le temps de cette transformation, ils sont enfermés dans Hadarfell, un ancien royaume abandonné, dont le passé et l’histoire ont été engloutis par le temps…

le roi des fauves

Ce roman, signé Aurélie Wellenstein et édité chez Scrineo, a été publié en 2015.

La couverture est sublime, j’aime beaucoup cet assemblage homme/ animaux.
Le 4e de couverture est très alléchant avec cette condamnation et cette quête pour la survie.

Dès les premières pages, on plonge dans un monde où la famine est source d’actes insensés, où la jeunesse est prête à mettre sa vie en péril pour nourrir sa famille. Un lapin tué et voilà le début d’une longue descente en enfer. J’ai craint un instant de ne lire que ce qui était noté sur le 4e de couverture, mais je me suis vite rendu compte que ce récit nous conduisait bien plus loin que cela, que l’auteur nous emmenait dans les dédales du désespoir et de la force de caractère. Le tout accompagné d’une dose de magie, de vengeance et de sang, il y a des surprises jusqu’au bout.

L’auteur ajoute une légère touche d’humour dans les dialogues, c’est agréable alors que la situation ne l’est pas du tout. Les conséquences de la sentence et le sadisme ressortent pleinement dans le récit, tout comme les sentiments et les craintes. C’est extrêmement bien écrit et on partage sans peine leurs difficultés, leurs peurs. Cerise sur le gâteau : le mystère est présent jusqu’aux dernières pages.

Les personnages sont forts, attachants, très crédibles avec leurs forces et leurs faiblesses. On les voit évoluer au fil des pages, au fil de ces 7 jours qui leur restent à vivre en tant qu’homme. Pour moi, c’est un sans faute. Je ne connaissais pas l’auteur et j’avoue que j’ai adoré son imagination. J’ai hâte de découvrir ses autres romans.

 Avis : Ce livre est à lire absolument, sombre, riche en humanité, en berserk, c’est un univers qui mérite de s’y arrêter.

*** ***

Comme d’habitude, j’ai voulu en savoir plus et Aurélie Wellenstein a bien voulu répondre à quelques questions :

Pourriez-vous nous dire deux mots sur vous et votre parcours dans l’écriture ?
J’écris depuis que je suis toute petite. À l’école, quand on me demandait quel métier je voulais faire, je répondais « fermière-écrivain ». Mon frère, lui, ambitionnait de devenir « boulanger dans l’espace ». Y avait déjà de l’imaginaire dans l’air !!

J’ai lu que vous vous étiez inspirée des paysages du jeu vidéo Skyrim pour le décor de cette histoire, ainsi que des animaux primitifs que l’on peut y rencontrer. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de ce récit ?
Tout à fait. L’inspiration soufflée par Skyrim concerne essentiellement les « décors » du récit. Pour l’histoire, j’étais partie à la base d’une idée très simple : un personnage infecté par la morsure d’un loup-garou succombe progressivement à la sauvagerie. Il doit trouver un remède pour vaincre le mal qui le ronge avant la prochaine pleine lune. Mais par la suite, cette trame s’est enrichie grâce à l’apport de la mythologie nordique : le « simple » loup-garou a été écarté, au profit du « berserkir », le guerrier-fauve norrois. J’aime l’idée du compte à rebours (7 jours) et de la métamorphose progressive où le personnage a le temps de se « sentir partir »… Cela m’a permis de construire un récit initiatique où l’angoisse existentielle de l’humain se conjugue aux péripéties de l’aventure…

Combien de temps vous a-t-il fallu pour écrire cette histoire ?
Ce fut assez court : 9 mois. J’ai toujours été à l’aise dans cet univers et heureuse d’y revenir pour le corriger. Ce n’est pas toujours le cas. Dès fois, le processus d’écriture est « facile », il coule tout seul, mais d’autres fois, c’est un calvaire et ça prend des années!

Vous avez bénéficié de l’aide du forum Cocyclics. Pourriez-vous nous en dire plus ?
Le forum Cocyclics est dédié à la « bêta-lecture » des romans ou nouvelles SFF : c’est-à-dire que d’autres auteurs vont décortiquer le texte en avant-première. L’objectif est de pointer les forces, mais surtout les faiblesses du texte dans le but de l’améliorer. Il y a deux grandes étapes : la première concerne le « fond » du roman, et la seconde « la forme ». Pour le Roi des fauves, j’ai eu six « bêta-lectures » avant de l’envoyer à l’éditeur.

La couverture est magnifique. Comment s’est passée la collaboration avec Aurélien Police ? (A-t-il fallu plusieurs essais, aviez-vous déjà des demandes précises sur l’image ou avait-il carte blanche, etc.)
J’avais donné des indications… assez naïvement, je dois dire, car Aurélien Police est un génie, et il transcende tout ce qu’on pourra lui dire ! Il travaille avec ses tripes. Ses couvertures sont de véritables interprétations artistiques, ce qui leur donne beaucoup de force. Il a une vraie vision du texte. Dans l’illustration du Roi des fauves, par exemple, il a capté et retranscrit le déferlement de l’animal sur l’humain. C’est une couverture pleine de fracas, de fureur, de sauvagerie. Je l’aime beaucoup.

Les animaux sont très présents dans vos romans, est-ce votre «marque de fabrique» ?
J’ai beaucoup de mal à écrire des histoires sans animaux. Dans la « vraie vie », j’aurais du mal à vivre sans chien ; dans les bouquins, c’est un peu pareil. Je crois qu’ils me soutiennent et m’inspirent dans tous les aspects de mon existence.

Où puisez-vous votre inspiration ? Uniquement dans les jeux vidéo ou aussi dans la réalité ?
C’est vrai que les jeux vidéo ont beaucoup d’importance dans mon processus créatif, même si aujourd’hui, je joue moins qu’avant. Je viens de faire Inside. C’est extraordinaire ! Sur le plan de la narration, c’est super intelligent. Ce qui me fascine le plus, c’est la narration des Dark Souls, mais c’est quasiment impossible à reproduire dans un roman, car les informations y sont livrées de façon parcellaire. Les Dark Souls racontent un mythe plus qu’une histoire. Mais j’aime beaucoup la façon dont le joueur est impliqué, comme son imagination et son esprit de déduction sont sollicités. Je trouve que c’est rendre le joueur actif de son aventure (autrement qu’avec le gameplay, je veux dire) et c’est un concept qui m’intéresse. Cependant, pour revenir à la question de l’inspiration, je crois qu’elle peut venir de sources variées (dessins, peintures…) et aussi de la réalité. Par exemple, les Loups chantants, à travers la fiction, racontent comment j’ai traversé un deuil.

Quels sont votre projet en cours et actualité ?
Mes derniers romans parus sont les Loups chantants et La fille de Tchernobyl.

Le premier est un roman de fantasy polaire, où les personnages sont pris en chasse par une meute de loups psychiques. Comme les sirènes, la meute peut attirer les hommes par leurs chants et les rendre fous.

L’autre est un roman pour la jeunesse, qui à travers la rencontre d’une jeune fille et d’un cheval sauvage, revient sur les circonstances et les conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Le roman que j’écris actuellement est encore en chantier. En avant-première, voici son point de départ ! Un séisme temporel fracture le continuum espace-temps. S’en suit un carambolage d’époques qui fusionnent les unes avec les autres, provoquant l’apparition d’un monde protéiforme et monstrueux. Ne pouvant tenir, il s’écroule sur lui-même et retourne au néant. La question à mille euros est donc : comment vont s’en sortir les survivants du cataclysme ?!

Un grand merci d’avoir partagé avec nous votre expérience !

Son blog : http://lafilleperchee.com/

Site de l’éditeur http://scrineo.fr/boutique/roman/le-roi-des-fauves/

 

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